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LES DEUX PAINS SUCRÉS

LES DEUX PAINS SUCRÉS

J’avais passé toute la matinée au bureau. Beaucoup de dossiers à gérer que je n’eus pas le temps de faire une pause à midi pour mettre du carburant dans l’estomac. C’est vers 15 heures que je pus me libérer. J’en avais pour quelques minutes avant de reprendre le travail. À cette heure de l’après-midi, les restaurants avaient tous fermé. Pas grave. De toute façon, je ne voulais pas m’encombrer avec du menu pesant. Juste quelque chose de léger, et le tour serait parfait. Je prendrais bien de la banane braisée, de l’igname grillé ou tout autre chose de ce genre. Ce sont ces petits trucs que je me mis à chercher dans les encablures de mon burlingue. Et je tombai sur des vendeuses de pains sucrés. Souriantes, elles s’aperçurent que leurs cuvettes ne me laissaient guère indifférent. Mon regard était plein d’un double appétit. Et pour le pain, et pour l’une des vendeuses que je trouvais très sexy, attirante et croquante dans sa petite robe jaune moutarde qui dévoilait ses jambes excitantes. L’autre par contre avait des allures de paysanne avec son pagne qui sentait mauvais à distance. Les deux jeunes filles m’approchèrent.

  • «C’est combien vos pains sucrés ?»

Le dialogue s’établit entre la commerçante à la petite robe et moi. Elle me semblait plus entreprenante que son amie. Je lui achetai deux pains, et elle me servit avec un large sourire :

  • «Tu vas vraiment adorer mon pain, me dit-elle avec sa belle denture et sa voix séduisante.»
  • «Je n’en doute pas, puisque tu es une vendeuse adorable. Je te trouve très belle !»
  • «Oh, merci monsieur, fit-elle en rougissant. Moi aussi je te trouve très beau.»
  • «Merci, c’est gentil, dis-je même si je savais qu’elle mentait. J’aime les femmes battantes, comme toi. Ça te dit qu’on garde le contact ?»
  • «Oh, avec plaisir. Tu vois, il n’y a pas que ce pain que tu as acheté qui est sucré. J’ai autre chose sur moi bien plus sucré que ça, et je crois que ça pourrait te donner du plaisir.»

La belle vendeuse tourna comme une toupie pour me faire admirer ses rondeurs.

Wahoo. Nous nous comprenions. Je n’étais pas du tout dupe. Elle utilisait une métaphore pour me parler de sexe. Je crois que je lui plaisais vraiment. Ça arrive, ce genre de rencontre où on conclut l’affaire en une soirée. C’était ma chance !

  • «Et quel nom abrite ce si joli corps ?»
  • «Je m’appelle Anne-Esther, et ma sœur, Madeleine. Et toi ?»
  • «Louis-César Bandé. On pourrait se voir ce soir, 20 heures ?»
  • «Avec plaisir. Surtout qu’après avoir mangé ce pain sucré, tu auras aussi besoin de l’autre pain plus sucré. J’ai hâte !»
  • «Super Anne. Et ce serait où, le lieu du rendez-vous ?
  • Je propose Liberté.»

Génial ! Il y avait un hôtel dans les parages. Anne-Esther me communiqua son numéro et s’en alla avec sa sœur en me souriant largement comme si elle venait de rencontrer son mari. Moi, je voulais tirer un coup.


Je quittai le bureau tôt à cause de mon rendez-vous galant de la soirée. Le pain sucré avait été succulent. Mais l’autre pain sucré qu’Anne-Esther avait sous la robe m’enchanterait plus. Vers 19 heures 30, ma belle vendeuse fut la première à m’appeler :

  • «Allô, tu es où chéri, tu viens ?»

Quelle femme intéressante ! Elle m’appelait chéri avec sa voix suave. Avant d’aller au lieu du rendez-vous, je fis un tour à la pharmacie pour acheter des préservatifs ainsi que des cristaux de menthe. Il fallait mettre ma vendeuse en  »taas ».

À 20 heures, j’arrivai en même temps que Anne-Esther au Rond point de Liberté. Elle me fit la bise et me demanda de la suivre. Nous marchions quelques minutes, puis arrivâmes dans une cité. Anne me fit entrer dans un appartement, au quatrième étage d’un immeuble.

  • «C’est ici que j’habite.»

Ma ravissante vendeuse me fit assoir au salon. Elle me servit un Coca-Cola, puis prenant place sur le fauteuil à côté de moi, elle se mit à me parler après avoir sorti un livre de son sac à main :

  • «Louis-César, il n’y a jamais de rencontre fortuite. Je te parlais ce matin d’un pain plus sucré que celui que tu as acheté. Il s’agit de ce livre, le livre de vie, de Jésus qui s’est fait pain pour que tu aies le salut. Je veux te parler ce soir du seigneur. Le Christ dit dans Jean chapitre 6 aux versets 35 et 51 : « Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. » Louis-César, Jésus est le pain sucré qui s’offre pour ton salut. Je voudrais que tu confesses qu’Il est Ton Seigneur…»

Bouche bée, je regardais Anne-Esther me parler de la bible pendant des minutes. J’étais tellement dépassé que je n’avais pas de mot. Les préservatifs murmuraient dans ma poche leur rage.

Soudain, la porte s’ouvrit et un homme ainsi qu’une jeune femme firent leur entrée. Je reconnus Madeleine, l’autre vendeuse qui accompagnait Anne ce matin. Le monsieur, on me le présenta :

  • «Louis-César, tu connais déjà ma sœur Madeleine. Alors je te présente mon homme, Évengeliste Roland Gnako. Chéri, voici Louis-César, le gentil client dont je t’avais parlé ce matin…»

Roland Gnako et moi nous serrions la main :

  • «Bienvenue au sein de la famille du Seigneur, Louis-César. C’est toujours une joie pour nous de trouver des âmes égarées et de les envoyer à l’Éternel…»

Qui leur avait dit que j’étais une âme égarée ? Pfff ! Comment m’échapper de ce guet-apens religieux ? Difficile… Je dus subir évangélisation et prières interminables. Paati ! Ça dura environ 1 heure et demi. Quel soulagement quand la séance prit fin ! Mes hôtes voulurent m’accompagner, mais je les distançai comme une fusée en prenant la sortie. Derrière leur porte, je jetai les préservatifs révoltés durant tout le temps du calvaire. Je descendis l’escalier en courant non sans chuchoter une injure à l’égard de la vendeuse de pain sucré : « Anne-Esther, ton IBIÈKISSÈ ! »

Louis-César BANCÉ

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