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PROCÈS AU TRIBUNAL DE YOPOUGON : LE PRÉVENU ÉVITE UNE LOURDE PEINE POUR AVOIR LA CHANCE D’ÊTRE D’ETHNIE GOURO, COMME LE PLAIGNANT

PROCÈS AU TRIBUNAL DE YOPOUGON : LE PRÉVENU ÉVITE UNE LOURDE PEINE POUR AVOIR LA CHANCE D’ÊTRE D’ETHNIE GOURO, COMME LE PLAIGNANT

Boli Bi, jeune ivoirien de 20 ans, risquait une lourde peine pour s’être enfui avec les téléphones portables de son employeur ainsi que divers accessoires. Sans emploi, le jeune homme a sollicité Irié Bi, une connaissance du quartier, afin que ce dernier investisse dans un bizness rémunérateur qui va leur profiter à tous les deux. Ils échangent et décident de mettre en place une cabine téléphonique. Ils se rendent au marché pour effectuer les achats du matériel dont ils ont besoin pour entamer leur petite entreprise.

Voici comment le jeune Boli Bi se retrouve être gérant de cabine, avec à son actif sept téléphones portables, des puces, des unités bien entendu, et divers. Le jeune homme commence l’activité, et au bout d’un petit moment, il disparaît avec l’investissement. Mais comme Dieu ne dort pas, le patron, un jour, arrive à mettre la main sur lui, et c’est le Commissariat, ensuite le Tribunal ce lundi 28 Décembre 2020. Le gérant y justifie son forfait devant le juge :

  • Mon père était décédé, donc j’avais besoin d’argent…
  • Donc c’est en vendant ce qui est à autrui que tu vas enterrer ton papa ?

Interrogé, le plaignant Irié Bi estime à 190.000 francs le matériel qu’il s’est fait spolier. Toutefois, il demande au juge de ne pas condamner le prévenu :

  • J’ai voulu aider un frère à s’en sortir. Je ne veux pas qu’il aille en prison. Nous sommes gouros, tous deux issus du même village. Je ne peux pas faire de mal à un frère…

Le plaignant ajoute qu’un parent du prévenu est venu au procès pour payer une partie de la dette du prévenue : 100.000 francs. Le monsieur, un vieil homme, est appelé à la barre. Il y passe en pleurs et donne l’argent à Irié Bi à qui on demande aussitôt s’il souhaite se constituer partie civile et recevoir des frais en guise de dédommagement pour le supplice qu’il a subi :

  • Non, je ne veux pas me constituer partie civile, répond-t-il. Je ne veux pas faire de mal à mon frère de même village. Je me contenterai juste de ce qu’il me doit. On va régler entre nous…

Le procureur fait son réquisitoire, accusant le prévenu de mensonge en parlant du décès factice d’un père. Il poursuit :

  • Dans nos différentes ethnies, il existe des mythologies. Chez les Baoulés par exemple, y a un esprit qu’on appelle Houssou, animé de l’esprit de l’au-délà. Même quand tu veux réussir, cet esprit de Houssou t’en empêche…

L’homme à la toge voulait, avec son image mythologique, décrire l’attitude du prévenu enclin à descendre dans l’abîme malgré les possibilités de gagner son pain dans la loyauté. Il a été tout de même indulgent en demandant la relaxation de Boli Bi pour délit non établi, en recommandant le règlement du litige par voie amiable, comme souhaité par la victime à qui il restera à devoir 90.000 francs.

Contrairement à la liberté immédiate suggérée par le procureur, le Tribunal a condamné le gérant de cabine à 15 jours de prison ferme et à 6 mois de prison avec sursis. La peine aurait été bien plus si Irié Bi s’était constitué partie civile. Le fugitif a eu la chance que ce fut une affaire entre gouros !

Louis-César BANCÉ

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